LRDS PRÉSENTE: Comment réparer des chaussures avec de la paillette!

Au rayon des projets DIY, (Do It Yourself– Faites-le vous-mêmes) je ne suis pas reconnue comme étant une fille manuelle. Soyez donc rassurées, si je peux le faire, vous le pouvez aussi.  Comme je n’avais jamais manipulé de paillettes avant le jour où j’ai attaqué ce projet, mon chum me trouvait pas mal ambitieuse de m’être aussi bien équipée…

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J’ai trouvé mes sachets de paillettes dans une boutique de variétés. À 1$ le sac, j’ai pas pu me retenir.

Je vous suggère de regarder le vidéo avant d’aller plus loin. Vous découvrirez comment faire.

Maintenant, gros plan sur les résultats! (Vous pouvez cliquer sur les photo pour les voir en plus grand.)

Mes bottillons étaient usés sur le devant de la semelle et aussi sur le talon.  J’ai appliqué la colle pailletée à main levée, mais une bande de ruban adhésif vous aidera à ne pas en mettre partout!

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La colle et la paillette ont servi à « remplir » les imperfections des semelles, à donner une seconde chance…et une métamorphose à mes bottillons préférés. Honnêtement, je trouve ça trop chouette!

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Pour tester la colle paillettée sur du tissu, je n’avais aucune réticence à utiliser ces chaussures comme cobayes: elles n’ont coûté que 29$, et je trouvais qu’elle manquaient de punch de toute façon.

Ces chaussures manquaient de punch. Elles m'ont coûté 29$, je n'avais donc aucune réticence à les utiliser comme cobayes!

Parce qu’elles sont ouvertes, j’ai pris soin de remplir l’intérieur des chaussures avec un sac de plastique. J’ai aussi collé du ruban tout autour de la boucle pour l’isoler, parce que je devais aussi mettre des paillettes sous la boucle. On le fait bien ou on le fait pas! Comme je l’ai mentionné dans le vidéo, la colle est blanche mais en séchant, tout est transparent et magnifiquement brillant. Voyez?

Comme je l'ai mentionné dans le vidéo, la colle est blanche mais en séchant, tout est transparent et magnifiquement brillant.

Je trouve le résultat vraiment surprenant. Pour même pas 10$ d’investissement, (paillettes, pinceaux et colle) ces chaussures sont uniques…et je peux me vanter d’avoir fait ça toute seule!

Voilà! Joli, non?

J’ai ces chaussures que mon chum appelle nappe de pique-nique depuis au moins 6 ans. Comme en témoigne la saleté du tissu (qui est carrément troué au niveau du talon) je l’ai ai portées en masse. C’était un projet plus laborieux, mais le résultat en vaut la peine. J’ai mis plusieurs épaisseurs de colle au niveau de la semelle pour fixer la paillette, l’avenir me dira si c’était une bonne idée de faire aussi l’intérieur. Je l’ai fait parce que même une fois mon pied à l’intérieur, on voyait le tissu à carreaux sale, qui n’allait plus du tout avec la paillette rouge. Pour votre premier projet, mon conseil: concentrez-vous sur l’extérieur.

Ces chaussures ont au-delà de 6 ans. Le tissu était sale et même troué par endroits. Avec un peu de temps et de minutie, je leur ai donné une seconde chance.

Et voilà! J’espère vous avoir donné envie d’essayer. Vous pourriez couvrir de paillettes le caoutchouc d’une paire de Converse,  ou même des ballerines bon marché!  Si vous aimez, je vous invite à partager ce projet sur votre page Facebook. Le bouton de Partage est juste en-dessous!

À bientôt!

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C’est pas parce que ç’a l’air d’une p’tite roche que c’en est une

Ma mère me téléphone. Écoute ça, qu’elle me dit:

-Je viens de finir de prendre mon bain. Et au fond, quand l’eau a fini de se vider, j’ai vu une petite roche.

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-On n’est pas l’été, comment une roche a pu en arriver là?

-Demande moi pas. J’en ai aucune idée. Mais j’ai pas hésité.

Par réflexe, elle l’a poussé au fond du drain.  Tout le monde a le réflexe d’envoyer au fond du drain tous les débris des éviers ou des baignoires plutôt que de les ramasser et de les jeter à la poubelle. C’est très mauvais pour les tuyaux, mais les plombiers aiment ça.

Elle ricane comme une gamine.

-Puis j’ai réalisé que ma chaine en or blanc était tombée de mon cou. Elle était dans le fond du bain. Je l’ai ramassée et j’ai compris que…

Je ne sais plus trop si elle rit ou si elle a envie de pleurer, je crois qu’elle fait un peu des deux.

-j’ai compris que…

-Ben dis-le!

-Lau, la p’tite roche, c’était le diamant de ma mère!

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J’ai la main devant la bouche et les yeux très ronds. J’ai le goût de rire, (en fait, je ris) mais une fois le punch final de l’histoire dévoilé, on réalise toutes les deux que ce n’est pas drôle. Surtout que la plomberie de ma mère n’a pas de « coude », bref, c’est fini, n’y pensons plus, le diamant est retourné au centre de la terre.

Morale de l’histoire: c’est pas parce que ça a l’air d’une p’tite roche que c’en est une. Nous voilà prévenues.

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Au Revoir, Jean-Michel

Lorsqu’une personne nous quitte avant son heure, les gens qui la connaissaient tiennent souvent le même genre de propos: Je ne comprends pas. Je ne m’y attendais pas. C’était quelqu’un de positif.  C’était quelqu’un qui aimait la vie, qui avait tout pour être heureux.  À force de les entendre, ces phrases sont devenues presque clichées.

C’est pourtant tout ce que je pense depuis que j’ai appris le départ précipité de mon ami et collègue de Qu’est-ce qui mijote, Jean-Michel Riverin. Moi non plus, je ne comprends pas, moi non plus, je ne l’ai pas vu venir et honnêtement, je n’arrive simplement pas à y croire.

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Ceux et celles qui ont été témoins de sa bonne humeur à l’écran n’ont connu qu’une parcelle de ce qu’il dégageait en personne. Il était le clown du plateau, il était rassembleur, veillait à ce que tout le monde soit heureux, et s’il nous fallait un show de dance pour nous divertir entre deux prises, il était l’homme de la situation.  Avec Jean-Michel, le travail devait absolument se faire dans le plaisir. Jean-Michel, c’est le gars que tout le monde aimait.

Je garde le souvenir des nombreuses discussions animées que nous avons eues dans sa voiture sur la 20, entre Montréal et Québec.  Chaque fois,  le voyage de 2:30 semblait durer une demie heure.  Je me souviens aussi de tous les Kraft Diners qu’on a mangés sur le plateau, à 10h le matin…

Aujourd’hui, j’ai une pensée spéciale pour ses parents, sa famille, ses amis et pour Sébastien. Malgré la tristesse  qui nous habite tous,  je compte vivre ce moment avec le souvenir heureux de Jean-Michel, et je le remercie pour tout le bonheur qu’il m’a apporté.

Jean-Michel, je t’aime.

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Avoir des broches à 30 ans

Depuis plusieurs années, mes palettes étaient en crise identitaire.  Elles faisaient tout pour sortir du moule et former un V vers l’extérieur, chaque jour plus prononcé.  C’était subtil je l’admets, mais elles n’en faisaient qu’à leur tête.  Je pense que mes palettes en avaient marre de moi et voulaient partir en appart.  Je perdais le contrôle.  Mes palettes allaient peut-être faire une fugue!

-Ben voyons! As-tu déjà fugué, toi?

-Non ma mère voulait pas. 😉

J’ai rassemblé toute mon autorité (et mes économies!) C’était décidé. Mes palettes allaient rentrer dans l’rang.

Invisalign, c’est le nom m-a-r-k-k-k-keting donné à ces appareils d’orthodontie transparents, parfaits pour ceux qui ne veulent pas avoir l’air de 13 ans une seconde fois. C’est totalement invisible, donc idéal pour la télé.  Mais après plus de 10 mois de traitement, je peux affirmer que c’est probablement le seul avantage.

Image 51. Il faut enlever les appareils  pour boire et pour manger. On peut même pas mâchouiller une grosse guimauve.

-L’orthodontiste te l’a dit?

-Non. J’ai essayé.

2. Avant de les remettre, il faut se brosser les dents, passer la soie dentaire et laver les appareils.

Sachant qu’on mange 3 repas par jour et que personnellement, je mange entre les repas, (pardonne-moi, Isabelle Huot) faites le calcul, j’ai une hygiène dentaire de compétition. Me brosser les dents, c’est devenu un job à temps plein.

-Qu’est-ce qu’on fait en fin de semaine, mon amour?

-Je me brosse les dents, toi?

Quand mon chum me tend un morceau de fromage, je dois d’abord évaluer le plaisir de la bouchée, qui va durer max 2 minutes, (et ça c’est si je le laisse fondre sur ma langue) versus le trouble que ça me donne ensuite.  Plus souvent qu’autrement, telle une Danielle Henkel:

-Je passe.

photoAvoir les dents recouvertes d’un morceaux de plastique en permanence a fini par me donner des tics de bouche de cocaïnomane.  Et quand je cours, mon corps produit moins de salive. J’ai l’air d’un chien à qui on a donné de la réglisse. Et si je souris à une autre joggeuse,  j’ai la bouche tellement sèche que ma lèvre supérieure ne redescend pas.  Je dois carrément la soulever avec mes doigts et la remettre en place. C’est n’importe quoi.

Il y a quelques semaines, j’ai commencé la phase 2 de mon traitement. Apparemment, j’ai un chevauchement de 5mm. En plus des appareils, mon perfectionniste d’orthodontiste m’a fixé des crochets de métal sur les dents pour pouvoir y tendre des élastiques.

Et vlan. Je suis en secondaire 1.

-Qu’est-ce qu’on fait en fin de semaine mon amour?

-Un party pyjama avec les voisins?

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Jour 4 : Il n’y a pas d’âge pour se faire garder

C’était une fin d’après-midi magique, mais mon sentiment de paix intérieure n’a pas duré longtemps.  J’étais dans la mer et les gars sur la plage à se lancer le ballon de foot quand j’ai senti une présence émerger derrière moi.  La présence s’est confirmée quand j’ai vu les visages de stupéfaction des gens sur la plage.  Quand je me suis retournée, une immense raie qui flottait 6 pouces au-dessus de l’eau me fixait. Yeux dans les yeux.

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Ça n’a duré qu’une seconde, puis elle a replongé pour disparaître je ne sais où.  Et c’est exactement ça qui m’inquiétait.  Près de moi, une Jamaïcaine n’avait eu connaissance de rien, mais en me voyant nager vers la plage dans une détresse absolue, elle ne s’est pas posé de question et elle a fait de même. Elle s’est lancée vers la plage dans une détresse absolue, sans savoir pourquoi. Deux folles.

(Pour les sceptiques, voici un magnifique vidéo qui prouve, à partir de la 40e seconde, que des raies, oui, ça vole.)

Je suis sortie de la mer à bout de souffle. Félix, mon beau-fils de 9 ans, affichait un regard d’ado. Celui qui est reconnu internationalement. Celui qui veut dire  « Je te l’avais dit. »  Puis, il a déclaré avoir besoin d’une salle de bain.

Voix d’annonceur maison: « Dans la catégorie mauvais timing, le gagnant est… »

Une plage locale, c’est local dans le sens de « pas de service ».  Les gars sont donc partis en expédition, tandis que j’attendais Doreta qui devait venir nous chercher d’une minute à l’autre.  Non, on n’avait pas de cellulaire. Oui, on l’a regretté.

J’étais certaine que tout irait bien, mais je vous jure, ça faisait pas 2 minutes qu’ils étaient partis que le soleil s’est couché, et tous les enfants qui se baignaient en lançant des cris de joie se sont comme volatilisés.  Partout où je regardais, il n’y avait plus que des Jamaïcains. Louches. J’étais la seule et unique femme de l’endroit, et j’étais aussi la seule touriste. Ma paix d’esprit a pris le large, elle nageait côte à côte avec la raie volante.

J’attendais, assise sur le sable dans ma p’tite robe rayée, entourée de nos sacs à dos, matelas de bronzage et autres ballons de football.  Les 12 Jamaïcains formaient un demi-cercle autour de moi, à une distance d’environ 30 pieds, mais aucun d’eux ne s’avançait.  Je faisais  semblant d’être en plein contrôle de la situation mais intérieurement,  je hurlais Maman, viens me chercher.

Au bout de ce qui m’a paru 3 jours, les gars sont revenus et ont croisé ma paranoïa qui venait de déclarer : bon ben moi j’vais y aller!

L’énervement passé, j’ai réalisé que la plage était un endroit où les Jamaïcains se tiennent, le soir,  comme un bar à ciel ouvert.  Mais j’étais intriguée de voir mon chum tendre de l’argent au sosie de Bob Marley et lui serrer la main.

-C’était qui le gars?

-Ta gardienne.

-Tu m’as confiée à lui sans avoir vu sa carte de gardienne avertie?

-Il a mieux que ça. Il a le respect.  Il a fait comprendre à tout le monde de ne pas t’approcher.

(Pour sa facilité à sizer les gens, je prédis que mon chum recevra bientôt un doctorat honorifique.)

-C’est pas une gardienne, c’est un garde du corps! Wow!

-Habitue-toi pas trop.

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Jour 3 – Ne devient pas Jamaïcaine qui veut

Je suis toujours prête à découvrir de nouveaux endroits. Quand on m’a annoncé qu’on allait visiter le cimetière familial, j’étais enchantée.  Quand j’ai appris que le-dit cimetière se trouvait tout en haut d’une montagne qu’il fallait gravir,  j’ai déchanté. Qui voudrait escalader une montagne par cette chaleur? Ensuite, c’était la promesse, nous irions à la plage. Doreta a dû me répéter au moins 4 fois de mettre des pantalons et des chaussures fermées.  Comme je m’attendais plus à une butte de terrain de mini-putt qu’à l’Everest, je ne l’ai pas prise au sérieux et je suis montée dans la voiture en robe soleil et en gougounnes.

Durant les premiers jours du voyage, j’avais du mal à m’habituer à la conduite à gauche et au volant à droite. La voiture, elle, avait du mal à avancer sur la route très abrupte et incroyablement étroite qui contournait la montagne.  J’ai prié, en vain,  pour qu’on ne croise personne. Quand une voiture est arrivée en sens inverse, donnant l’impression d’être pilotée par un Jacques Villeneuve en état d’ébriété, j’ai retenu mon souffle. Elle est passé « entre la peinture et la tôle », comme dirait mon père.

Après une longue ascension, (en voiture!) la route était bloquée par une végétation abondante. Visiblement, personne n’avait mis les pieds à cet endroit depuis longtemps.

-Bon ben, on va r’virer de bord, j’cré ben!

J’étais prête à rebrousser chemin et à gagner la plage la plus près, mais mon chum a entrepris d’ouvrir la route en aplatissant tout ce qui se trouvait sur son passage. (J’ai marié un viking.)  Je l’ai suivi, ainsi que Félix et mes beaux-parents.  Le soleil plombait. Le branchage, qui nous montait jusqu’à la taille, me grafignait les mollets et ça m’écoeurait de ne pas voir où je mettais les pieds.  J’avais le goût de me plaindre comme une gamine mais sachant que j’avais choisi de ne pas écouter Doreta,  j’ai aussi choisi de la fermer. Surtout que Félix, 9 ans, suivait sans broncher. C’est ça l’ennui avec les enfants. Faut toujours donner l’exemple. 😉

Je chialais mentalement: « J’peux pas croire qu’on doive faire ça. Quand je pense que je pourrais être à la plage. Je suis sûre qu’on en a pour 5 kilomètres! Ça va prendre la journée… »

Chaque fois que mon chum se retournait pour s’assurer que tout le monde suivait, je lui faisais un grand sourire forcé. Et son regard disait: Je le sais que tu capotes en ce moment. Merci de faire l’effort.

L’avantage de toujours s’attendre au pire, c’est qu’on n’est jamais déçu. Une clairière est apparue comme par magie, seulement 500 pieds plus loin. C’était vraiment impressionnant parce que rien n’annonce qu’un cimetière privé se trouve à cet endroit.

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La pierre tombale la plus récente était identifiée et datée 2010 mais les plus anciennes étaient totalement anonymes. Mes beaux-parents, pour avoir assisté à plusieurs funérailles à cet endroit, savent qui y est enterré mais il leur est difficile de se rappeler sous quelle pierre exactement.  On a passé une bonne heure en haut de la montagne à cueillir des feuilles de pimento (l’épice principale du jerk chicken, qu’on appelle aussi le allspice) avant de redescendre et de se diriger vers la plage. Thank god.

Même si les hôtels tout inclus se sont approprié les plus belles plages de toutes les destinations soleil, les plages locales sont beaucoup plus intéressantes à mon avis.  Celle qu’on a visité en fin de journée s’appelle Old Steamer.  C’est là où mon beau-père se baignait quand il était jeune. La plage tire son nom de l’épave qui se trouve dans l’eau, celle d’un vieux bateau à vapeur. Le site était désert et nous avions la mer rien qu’à nous. On se sentait totalement VIP.

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Avant de rentrer à la maison, on a soupé dans ce que je qualifierais de truck stop jamaïcain. Le resto semblait avoir été installé sous le toit d’une ancienne station service. Le poisson frit était la spécialité, et je dois dire que c’est le meilleur poisson que j’ai mangé en 30 ans, moi la dédaigneuse qui déteste les poissons entiers.

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C’est là que j’ai découvert les « festivals », le nom qu’on donne aux beignets un peu sucrés servis en accompagnement.  Délicieux! Tranquillement, je sentais que je prenais le beat du pays. J’étais chaque jour un peu plus locale et de moins en moins touriste.  Jusqu’à ce qu’Arthur  me propose de goûter aux yeux du poisson.

-C’est le meilleur! qu’il me dit, faisant exploser un oeil sous sa dent.

Je ne me suis jamais sentie aussi québécoise qu’à cet instant-là.

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Jour 2: Une « journée » à la plage

Fin du suspense: mes beaux-parents sont arrivés 15 minutes plus tard.

En sortant de la chambre le lendemain matin, j’ai tout de suite constaté que ma belle-mère était plus économe que moi. (Je pensais pas que ça se pouvait.)  Question de sauver les coûts d’énergie, la climatisation ne fonctionne que la nuit.  15 secondes ont suffit pour que l’eau me ruisselle derrière les genoux, mais j’étais certaine que j’allais m’habituer à la chaleur.  Pendant qu’on déjeunait, je réalisais la chance qu’on avait d’être là. Mais c’est le moment qu’a choisi la plus grosse coquerelle du monde pour faire une entrée magistrale dans la salle à dîner.  Et comme c’est le cas chaque fois qu’une bibite immonde se pointe, c’est moi qui l’ai vue en premier.

J’étais debout sur ma chaise et des frissons de dégoût me parcouraient le corps, me donnant des airs de danseuse comtemporaine.  L’intérêt d’Arthur pour la coquerelle sur une échelle de 1 à 10?  À peu près moins 4. Il mangeait  son poisson salé sans broncher. Oui, du poisson salé. Pour déjeuner.

Il n’a levé les yeux vers moi qu’une seule fois, avec un sourire en coin, puis s’est tourné vers son fils, l’air de dire « t’as vraiment marié une québécoise » avant de retourner à son poisson.

Armés d’un  balai, Alex et Doreta couraient après la coquerelle. Alex voulait  lui donner une seconde chance en la relâchant dehors mais Doreta insistait pour qu’il la tue. Moi, toujours debout sur ma chaise,  je militais clairement en faveur de la 2e option.

-TUE-LA! TUE-LA ALEX!!!

La scène était burlesque.

J’ai recommencé à vivre en voyant que la coquerelle, elle, avait trépassé. La journée pouvait commencer.

10:30. Je lis Fifty Shades of Grey sur le balcon en attendant le départ pour la plage.

-Alex, on part dans combien de temps?

-Arthur est en train de nous préparer des noix de coco.

11:30. Alex, on part dans combien de temps?

-Une amie de Doreta qui vient d’arriver.

13:00. Alex, l’amie est partie, on part dans combien de temps?

-Doreta veut préparer le souper avant de partir.

15:00. Alex, on part dans combien de temps?

-On attend le voisin, il va nous amener des mangues.

Ben croyez-le ou non, quand mes orteils ont touché le sable, le soleil se couchait. J’exagère même pas.sunset-across-the-roadC’était une petite plage locale, comme sur un coin de rue.  L’eau était claire et chaude. On a bien ri quand Félix a crié qu’il venait de voir une raie sauter hors de l’eau.  Je me suis même un peu moquée de lui. Dans le sud ou au chalet, je préfère ne pas savoir ce qui se trouve sous l’eau. Je préfère vivre dans le déni.

Sans surprise, après 40 minutes à se baigner sans soleil, on était gelés. On est rentrés à la maison.

Doreta, en enlevant ses gougounes dans l’entrée:

-N’est-ce pas génial, passer la journée à la plage?

J’ai éclaté de rire.

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