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L’histoire des guirlandes de lumières -OU- Tout vient à point à qui sait attendre…deux ans.

Dimanche après-midi, on a installé sur la terrasse les guirlandes de lumières que j’ai achetées chez Target il y a plus de deux an. Chez Target aux États-Unis parce qu’à l’époque, il n’y avait pas de Target au Canada. Ça vous donne une idée.

Pour la petite histoire, à l’été 2012, lors d’une tournée annuelle de magasinage mère-fille, j’ai acheté 2 ensembles de guirlandes. Comme notre terrasse n’était pas encore construite à l’époque, j’ai fini par les donner à ma voisine Marie. À l’été 2013, lors d’une autre virée aux États-Unis, j’ai acheté 2 autres ensembles, espérant que ceux-ci se balanceraient un jour dans notre propre cours.

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C’est que, voyez-vous, chez-nous, il est commun d’attendre le moment propice avant de déployer la moindre parcelle d’énergie à tout projet d’amélioration domiciliaire. Qu’il soit question d’installation de cadres, de rénovation de salle de bain, ou de changement d’ampoule de la hotte de  cuisine…

(Au moment où je lis mon récit à mon chum, il s’empresse de tester les ampoules de la hotte et me jette un regard : les 2 fonctionnent, de quoi tu te plains?!)

…Tous nos chakras doivent être parfaitement alignés. Chacun de nos gestes est mûrement réfléchi, analysé et approuvé par l’ensemble de l’équipe c’est-à-dire, lui pis moi. Autrement, tel un couple qui participe à une télé-réalité de rénovation, ça tourne au vinaigre. Et dans ces cas-là, je me rassure en me disant que mon couple est parfaitement normal.

-C’est cute ta façon de sous-entendre que je ne suis pas assez vite pour toi.

-Merci.

Comme je préfère qu’on fasse les travaux ensemble, je ne peux qu’attendre le moment où je le sens d’humeur à se lancer dans un quelconque projet. J’ai un flair du tonnerre pour déceler le matin où il se lève avec la fibre de l’entrepreneur. Le gars qui a envie de résoudre des problèmes! Le gars qui veut régler des situations à grands coups de marteau! Quand ce  jour-là se pointe, en plus de prendre plaisir à l’aider, j’ai un plan machiavélique: presser le citron au maximum et lui faire faire, en douce, toute ma liste de petits projets qui traînent depuis un moment.

-T’es cute  de croire que je te vois pas venir à 100 milles à l’heure.

-Merci.

Dimanche, après l’installation – qui a duré un gros 20 minutes en forçant –  il nous est resté des ampoules sans contenant pour les protéger. Ce matin, mon chum m’a encore une fois démontré tout son génie à suggérant de les ranger dans un contenant à oeufs. Sérieusement, j’aurais voulu y penser moi-même.

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Mon chum peut non seulement refaire la salle de bain, il a aussi un côté Martha Stewart.  Qui peut se vanter de pouvoir jaser DIY avec mon chum ?  Qui?  J’ai pogné le jackpot… Vraiment.

-Oh que ça sent la fille qui a un projet à me faire faire…

– *Rire nerveux*

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La barbe de 3 jours

J’adore les barbes de 3 jours.  J’insiste toujours pour que mon chum porte une barbe de cette longueur. J’avoue que c’est difficile à maintenir, tous les poils ne poussent pas à la même vitesse. C’est exactement comme un dégradé de coupe de cheveux de fille.

Bref, tout ça pour dire qu’on est à la recherche du parfait clipper depuis plusieurs semaines. Tous ceux qu’on a vus dans les boutiques avaient l’air cheap. Même à 150$. Et je refuse de payer 150$ pour un clipper cheap.  Éclair de génie, je téléphone à ma mère:

-Ça prend un clipper commercial, marque Oster, qu’elle me dit sans hésitation.

-Et ça prend quelle lame pour maintenir une barbe de 3 jours… à l’année?

-Tu veux que ça donne comme le dos d’un schnauzer fraîchement tondu, ou d’un teckel au naturel?

Au fait, je vous ai dit que ma mère était experte en toilettage canin?

-Plus comme un schnauzer.

-Va donc vérifier.

Je suis entrée dans la man cave sur la pointe des pieds, j’ai mesuré un poil de barbe : 1/8 fort. Heureusement qu’NCIS jouait à la télé, le principal intéressé ne s’est aperçu de rien.  J’ai commandé le clipper (en solde!) et la lame numéro 7F sur le site d’instruments de toilettage canin.

L’outil de destruction massive est arrivé il y a deux jours.  Parlez-moi d’un objet performant! Jamais vu un clipper avec un moteur V8. Sans farce, faut le tenir à deux mains.  Jusque-là, on se plaint pas, mais la lame est tellement grosse que l’homme pourrait s’ouvrir la gorge en une coupure aussi profonde que parfaitement définie.  Ce clipper est dangereux!

Le nuit suivante, j’ai fait un double cauchemar: 1. Mon chum s’amusait à se faire des dessins dans la barbe. 2. Sa peau était carrément charcutée par la lame et le dessin devenait une scarification!

(Si vous ignorez ce qu’est la scarification mais avez le coeur solide,  je vous laisse le soin de googler les mots « scarification artistique ».)

Je me suis réveillée en sursaut, le toupet mouillé étampé tout croche sur mon front.

-Qu’est-ce que t’as?

-Le clipper.  Faut se le faire rembourser.

-Il n’est pas remboursable.

-On va s’acheter un golden retriever, on pourra l’utiliser.

-Dors.

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Dans une piscine communautaire près de chez-nous…

Tout a commencé quand j’ai découvert un pli dans mon dos. Deux. Deux p’tit plis.

-C’est l’âge, m’a dit ma mère. Je t’ai vue récemment, t’es pas grosse, ma toune.

C’est peut-être juste moi, mais quand ma mère me rassure sur mon poids, je la crois jusqu’à ce qu’elle m’appelle toune.

J’ai texté mon chum:

-Je te le dis maintenant pour que tu te prépares mentalement. Ce soir, on s’en va à la piscine.

-K.

Dans mon couple, « k », c’est  Je te sens dans un état où c’est mieux pour ma santé d’acquiescer à tout ce que tu dis.

Image 5Quand on est arrivés à la piscine, il restait une demi-heure au bain libre. Et j’ai réalisé que j’avais oublié mes gougounes quand j’ai dû marcher dans le jus de pieds, la sloche de bottes d’hiver, les mottons de cheveux, et les-

-Arrête, je vais être malade.

En sortant de nos vestiaires respectifs, dans toute notre belle blancheur d’hiver, on était comme deux enfants à leur premier jour au camp de vacances.  Angoissés. Gênés. Intimidés. On savait plus si on avait bien fait de venir. On savait pas où mettre nos serviettes. On savait pas quelle partie était réservée à qui et on avait l’impression que tout le monde s’était arrêté de vivre pour regarder les deux perdus.

La piscine nous a tout de suite rappelé le Mexique tellement il y avait du sable dans le fond.  Et elle était trop chaude pour que ce soit rassurant et/ou réconfortant.  J’avais l’impression que les bactéries faisaient de l’aquaforme en même temps de les autres.

Même si l’époque où je faisais de la compétition de natation est loin derrière, je me considère bonne nageuse. Mais après 3 longueurs, j’étais comme une chauffeuse du dimanche qui se fait coller au derrière dans  la voie de gauche.  Michaël Phelps  s’entraîne à la même piscine que moi, vous le saviez?!

Pendant ce temps,  mon chum était devenu vert.

-Mes sushis passent pas.

On pensait se rendre à la piscine pour rien, que 30 minutes ça valait pas la peine. Après 15 minutes, on se retenait de dire au lifeguard de faire preuve d’un peu d’initiative et de commencer à fermer la piscine pour les cours d’enfants qui allaient débuter.  On est restés à la piscine un gros 25 minutes, mais on était aussi fatigués qu’après une journée de déménagement.

Le lendemain matin,  complètement rackés, on a décidé d’aller monter le Mont-Royal.  En 10 ans à Montréal, je ne l’avais jamais fait. Eh ben on a réussi à se perdre. Mais ça, c’est une autre histoire…

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L’hôpital des machines à espresso

Si je devais choisir entre un café tous les matins et perdre un orteil, je sacrifierais mon équilibre sans aucune hésitation. Je bois du café depuis le secondaire.  Je tiens ça de ma mère. Son rituel matinal l’a toujours fait passer par la cuisine pour partir la cafetière avant de faire quoi que ce soit d’autre.  Je l’ai toujours vue boire son café dans sa tasse de porcelaine rose pâle. Ça avait l’air si réconfortant.

Un matin sans café, c’est comme passer 3 heures dans le trafic avec une migraine et une envie de pipi.

Assez tôt dans ma carrière de junkie caféinomane, je suis passée à l’espresso. Je me souviens de ma première machine. C’était une Breville manuelle. Le jour où je lui ai donné une place de choix sur le comptoir de mon premier appartement, j’ai tout fait pour qu’elle fonctionne. On-off, on-off. Mets le café, tasse le café. Coule pas. Mets moins de café, on-off. Rien à faire. En ligne avec Maxime-que-puis-je-faire-pour-vous-aujourd’hui:

-Avez-vous branché la machine?

-D’après-vous!?

-Avez-vous mis de l’eau dans le réservoir?

-… Ben oui!  Ah, laissez-faire, je vais aller l’échanger au magasin…

J’ai raccroché. J’ai mis de l’eau dans le réservoir en me jurant de tenir ça mort.

Hier, notre machine automatique a rendu l’âme.

-T’as dû faire quelque chose pour qu’elle ne fonctionne plus…

-C’est arrivé soudainement. La porte ne ferme plus.

-Tu l’as forcée?

-Non.

-Dis-le dont, que tu l’as forcée!

-Je l’ai pas forcée.

Au Québec, on a clairement un système de santé à deux vitesses. L’hôpital des machines à expresso est une clinique privée parce qu’on s’est occupés d’elle tout de suite. Et on sait que ce sera pas gratuit.

Mon chum, au médecin:

-Moi je pense que la machine a été forcée.

-Je l’ai pas forcée.

Après sa sérieuse vérification, le médecin a annoncé son diagnostic:

-C’est SÛR qu’elle a été forcée.

Glorieux serait l’adjectif le plus approprié pour décrire mon chum à ce moment-là.  Les deux hommes m’ont regardée, attendant que je me confesse.

-Je l’ai pas forcée.

Je ne pouvais quand même pas reculer. J’ai tenu mon point.  En plus d’avoir des airs de Daniel Pinard, le médecin était un fan de statistiques:

-85% des machines à espresso sont brisées par des femmes, Madame.

Misogyne était l’adjectif le plus approprié pour décrire le médecin à ce moment-là. Je savais qu’il blaguait un peu, mais tout de même, j’ai essayé de me défendre:

-Vous devriez être gentil avec moi, je suis la cliente, et la cliente a toujours raison.

-…mais à 92%, ce sont les hommes qui payent pour la réparation.

Boum! D’un seul coup, j’adorais le médecin. Et j’étais prête à donner raison à ses statistiques pour le démontrer.

-Alors tu avoues que tu l’as forcée?

-Non. Mais je pense que le monsieur va avoir besoin de ta carte de crédit… 🙂

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Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’un biscuit chinois!

Le jour où on s’est fait installer une thermopompe, mon chum a déclaré:

-Bon ben là, on est un vrai couple! On a une thermopompe!

Les hommes et les femmes étant très différents, voici ma version bien personnelle d’un vrai engagement:

On était à New-York. À l’heure du lunch, l’euphorie s’est emparée de mon chum quand j’ai lu mon avenir écrit rouge sur blanc dans un biscuit de fortune:

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Aujourd’hui, ma chance allait tourner. Il n’en revenait tout simplement pas. Il trouvait ça dont ben hot! Sa réaction me semblait un peu exagérée mais je le trouvais beau dans son bonheur.

À la fin de la journée, les pieds en compote, je me suis assise sur un banc pour changer de souliers. Je l’ai trouvé galant quand il s’est garoché sur mon sac à main pour prendre mes Converse et me les tendre. Il était si heureux que je le sentais prêt à entamer « Si tu aimes le soleil frappe des mains » à tout moment.

On s’est ensuite rendus sur ce qui devait être la plus belle terrasse de New-York selon mes recherches. Mais selon mon chum, elle n’avait rien d’impressionnant et ne méritait même pas qu’on y prenne ne serait-ce qu’un verre. Il était 22:45. On a sauté dans un taxi comme deux participants de The Amazing Race. Je me sentais dans un film d’action. J’étais Angelina Jolie. Les babines en moins. Et les jambes. Et les yeux. Enfin bref.

Avec le dynamisme d’un G.O. de Club Med, mon chum a indiqué notre destination au chauffeur:

Alright! Empire State Building, please. Let’s go!

J’étais un peu confuse.

-Ah oui? Ok!

Même si le chauffeur faisait son possible pour aller faster! faster please!, nous sommes arrivés 5 minutes trop tard. Il n’était plus possible de monter en haut de l’Empire State.

Si vous n’avez jamais vu quelqu’un tenter de soudoyer un garde de sécurité lourdement armé, je vous jure que ça vaut la peine. Un beau spesstaque de 10 minutes sans entracte. Honnêtement, mon chum est passé à côté d’une carrière sur Broadway, sauf que le gardien constituait un public plutôt froid…

-On pourrait revenir demain?

-Non, demain on annonce de la pluie, le ciel sera pas aussi clair!…

On a marché sur la 5e avenue. Quand il a décidé qu’on entrait au Peninsula Hotel, je n’ai pas eu le choix de suivre. Et cette fois, aucun gardien de sécurité n’allait l’arrêter!

La vue sur le toit de l’hôtel était vraiment impressionnante.

-Étais-tu déjà venu?

-Non, jamais, mais j’ai vu de la lumière d’en bas, j’étais sûr que ce serait une belle terrasse…

On n’était pas encore assis que deux coupes de champagnes sont apparues comme par magie.

-T’as commandé ça avec la force du mental?

Il n’a rien répondu. Il souriait. Je ne comprenais absolument rien, mais je planais.

Au bout d’un moment, j’ai regardé l’heure:

-Je dis ça comme ça, là, mais dans 2 minutes, il va être minuit et ma vie n’a pas changé… On est chanceux d’être à New-York, mais ma vie n’a pas changé.

Si j’avais su.

Le reste s’est déroulé au ralenti. Sur la fin de ma phrase, j’ai vu mon chum fouiller dans ma sacoche, en sortir une petite boîte noire et l’ouvrir en disant:

-Et est-ce que ça, ça changerait ta vie?

J’avais traîné ma bague de mariage dans mon sac toute la journée!

J’étais tellement émue que c’était pas clair si j’étais une future mariée ou une fille en train de se faire laisser par son chum. J’avais besoin de partager la bonne nouvelle. J’ai accroché l’homme le plus près:

-Hey, I’m getting married!

Quand Simon Cowell s’est retourné, je me suis dit que ma mère me pardonnerait de ne pas avoir été la première à l’apprendre. Il m’a gentiment félicitée, a serré la main de mon chum.

Après le champagne, je me souviens d’avoir gambadé dans New-York en prenant soin d’informer chaque passant que j’étais désormais « engaged« .

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-Comment tu vivrais ça si je criais à tout le monde qu’on est les heureux propriétaires d’une thermopompe?

-T’es niaiseux.

-On jase, là…

-Arrête.

-Ben quoi, les hommes et les femmes étant très différents

-Cesse. 🙂

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L’initiative n’est pas une application Iphone

« Laurence, c’est l’heure de faire travailler nos amis les fonctionnaires! »

Mon comptable a sa manière bien particulière de me rappeler que Revenu Québec attend mon remboursement de tps/tvq.  Et parce que je m’attends à recevoir son appel d’une minute à l’autre, j’ai décidé d’avoir de l’initiative!

Initiative: faculté qui permet à l’humain de réaliser, sans qu’on lui demande, une tâche non rémunérée qui l’emmerde au plus haut point. Avouez qu’on a rarement de l’initiative pour une activité qui nous emballe!

-Je vais nous booker une semaine à Paris. Ça va faire plaisir à mon chum.  Même si ça me tente pas.

Ben non. C’est plutôt: Je vais vider le lave-vaisselle rempli de plats tupperware qui ne sèchent jamais complètement.  Même si ça me tente pas. En fait, il suffit d’ajouter « même si ça me tente pas » à la fin d’une action pour savoir s’il s’agit bel et bien d’une initiative.

Bref, hier, j’ai décidé de classer mes papiers pour mon comptable. (Même si ça me tentait pas. Voyez, ça fonctionne.) Je me suis attaquée au bordel du secrétaire, le meuble du salon dans lequel on lance sans ménagement tous nos papiers. J’ai texté mon chum, hystérique:

-Je viens de trouver 130$ cash dans le secrétaire! On part à Vegas!!!

Faute de temps, le voyage à Sin City s’est transformé en souper d’amoureux chez Pintxo, sur la rue Roy à Montréal. Avant de quitter la maison, voyant que mon chum allait saisir son Iphone, j’ai prononcé les mots « souper en amoureux » en toussant, comme on le fait à la blague pour faire passer un message plus ou moins subtilement. Sans me regarder, il a changé la trajectoire de sa main pour attraper ses clés à la place. Comme s’il n’avait jamais eu l’intention de prendre son téléphone. Ça, c’est mon chum.

L’endroit était sobre. Pas trop grand. Chaleureux surtout.  Le vin était délectable.

-Je me demande combien il se vend à la SAQ…

-Si j’avais mon Iphone, je pourrais vérifier, j’ai l’application SAQ.

La musique était bonne.

-C’est un remix de quelle chanson, ça, déjà?

-Si j’avais mon Iphone, je pourrais te le dire, j’ai l’application SHAZAM.

On jase de nos futurs cours de salsa.

-Penses-tu que tu serais dispo le jeudi?

-Faudrait que je vérifie dans mon Ical, mais j’ai pas mon Iphone

Mon chum avait du gros fun.

Le premier pintxo est arrivé.  C’était un carpaccio de wapiti.

-De quoi ça a l’air, déjà, un wapiti?

-C’est comme un gros chevreuil…

-Si j’avais mon Iphone, je pourrais googler wapiti dans « image »…

Je me lève pour me rendre à la salle de bain en disant:

-Je viens de te dire que c’est comme un gros chevreuil!

En revenant à la table, j’ai eu un élan de tendresse. Il attendait que je revienne.  Tout simplement. Il était assis à la table, et il m’attendait.  Ordinairement, où qu’on soit, il m’attend en jouant à Angry Birds.  Mais ce soir, les Angry Birds sont restés à la maison. Ce soir, les oiseaux ont raison d’être en beau joualvert.

-Mon amour, prends une photo de l’assiette pour mon blogue, c’est vraiment beau!

-Lau, j’ai pas mon Iphone.

-Schnitzel! Comment ça, t’a pas ton Iphone?!

-Parce que j’ai pris l’initiative de t’écouter. MÊME SI ÇA ME TENTAIT PAS!!!

On rit. On passe une belle soirée. On est revenus à la maison à pied et on s’est fait prendre par la pluie verglaçante.

Mon chum ne m’a pas lâchée une seule seconde:

-Moi, j’ai un manteau imperméable. Toi, tu as un manteau griffé.

(Sous mon manteau, mon chandail gris perle était devenu gris charcoal.) Je pensais avoir tout entendu. J’avais tord:

-J’appellerais bien un taxi, mon amour, mais…

– ARRRRGGGGGHHHHH!!!!!!

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Je sors avec Marc Anthony

Depuis qu’on est ensemble, mon chum laisse entendre sur une base régulière qu’il aimerait qu’on prenne des cours de salsa.  Je procrastine depuis 3 ans.  Pourquoi est-ce toujours les filles qui détestent danser qui tombent sur des Marc Anthony? Honnêtement, j’aurais préféré qu’il me demande d’apprendre le cantonnais en 3 jours, j’aurais trouvé ça moins demandant.

Je ne peux pas l’exprimer plus clairement: après les zucchinis, les abats, la réglisse noire et le poker, il y a la danse.  Pas capable.   Mais hier, devant deux pizzas Marguerita chez Bottega, meilleure pizza à Montréal, j’ai été mise au pied du mur:

-Lau, on va au boxing day chaque année. Je t’accompagne souvent chez Winners. On va dans les outlets à Boston…et même à New-York.  Je vais m’équiper pour faire du jogging.  J’écoute Sex And The City avec toi.  Je manque souvent NCIS parce que tu enregistres Glee et What not to wear.  Tu le sais, on peut pas enregistrer plus de 2 émissions en même temps avec l’enregistreur numérique. Je me lève avant toi, et quand je vois qu’il n’y a plus de lait, je vais en chercher pour que tu aies ton latte en te réveillant.  J’enlève tes cheveux dans le drain de la douche quand c’est bloqué.  J’espère que tu vois que je fais tout ça parce que je t’aime! Surtout pour les cheveux…

Pendant son laïus, je dois avouer que le mot « ingrate » m’a traversé l’esprit.  C’était officiel, j’allais devoir apprendre la salsa.

-Ça va me prendre des talons hauts de salsa?

Une flamme jaune et orange valsait dans mes yeux.

-Ben non, tu choisiras parmi tes 45 000 paires…

La flamme venait de s’éteindre. Il a tenté de la rallumer:

-Tu te souviens de la performance de Jennifer Lopez et Marc Anthony à American Idol? Avoue que c’était hot! Avoue-le!

-Ils ont divorcé 2 mois après.

– (…) Lau, malgré toute ta mauvaise foi, j’ai l’intention de te faire aimer la salsa.

-J’espère juste que tu l’aimes extra chunky. That’s all I’m saying.

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