C’est l’temps d’une dinde

Samedi matin, en route vers le chalet, la voix de mon beau-père résonne dans tous les haut-parleurs de la voiture, système main libre oblige.

-On a une dinde de 20 livres, la gelée de canneberge, des patates, du brocoli, de la courge, faut juste que vous achetiez de quoi faire une farce.

Avant même que j’aie le temps de dire « ah ouin, pas d’farce?!», mon chum pose sa main sur mon avant-bras, sa manière de dire:

« Je te vois venir, penses-y même pas, la grande. »

Visiblement pas au courant du déroulement alimentaire de la fin de semaine, je me lance:

-My my! On fête le Thanksgiving ou quoi?!

Soudainement, on n’entend plus rien dans les haut-parleurs. Mon chum me regarde comme si j’avais demandé si Pâques tombait encore un dimanche cette année.  Ça semblait si évident!

Ma belle-mère, malgré son accent, a tellement de vocabulaire que j’en viens souvent à oublier qu’elle est anglophone.  Fêter le Thanksgiving est une tradition, une tradition que je célèbre cette année pour la première fois, au fin fond de Lanaudière.  J’adore les traditions. J’haïs la routine, mais j’adoooore les traditions.  Thanksgiving? Why not!

Sur le coup, j’étais déçue d’être habillée en mouetch.

-En mouetch?

-En mou et en stretch.  Avoir su, j’aurais joué le jeu et porté l’emblématique cardigan à motifs thématiques.

Après un power nap de 5 heures en après-midi,

-un power nap, c’est une sieste qui dure maximum 20 minutes. 5 heures, ça s’appelle une nuit de sommeil.

… j’ai constaté plusieurs choses pendant le repas.

Nous étions nombreux, il y avait trop de dinde, trop d’à côtés, beaucoup de vin blanc pour commencer, beaucoup trop de vin rouge par la suite, plusieurs drinks, dont les bloody de ma belle-mère, les meilleurs, et que j’en vois pas un me contredire.  Mon chum a fait une farce aux portobello, aux dattes et au vin blanc. Mon beau-père, une purée de courge à la hauteur de sa réputation.

Jusque-là, je ne veux pas insulter les cooks, ni vous rendre jaloux chers lecteurs, mais c’était une soirée au chalet tout ce qu’il y a de plus normal.  Nous autres, Thanksgiving ou pas, on s’gâte!

Après le repas, les gars sont passés au salon, pendant que ma belle-mère et moi avons attaqué la vaisselle.

Quand les gars cuisinent, j’ai toujours l’impression de laver plus de vaisselle que ce que les armoires peuvent contenir. C’est comme laver trois fois de suite toute notre batterie de cuisine.

-Thanksgiving, est-ce que c’est pour « thanks for giving me so much dirty dishes? »

-Es-tu en train de te plaindre…?

-Non, je démontre qu’il y a des choses qui ne changent pas, comme le fait que c’est toujours ta mère et moi qui faisons la vaisselle.

-Tu voulais des traditions… en v’là!

-Bon ben c’est officiel.  J’haïs ça, le Thanksgiving.

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4 Commentaires

Classé dans Tranche de vie

4 réponses à “C’est l’temps d’une dinde

  1. There are no words to dsercbie how bodacious this is.

  2. The genius store called, they’re ruinnng out of you.

  3. Jean-Francois Charette

    « thanks for giving me so much dirty dishes? » Lolllll j’adore, j’y aurais jamais pensé, t’es trop intelligente toi! :o)

    En passant, tu peux dire à ta belle-mère qu’on est en 2011, les lave-vaisselles existent depuis plus de 40 ans tsé! ;op ;op

    Alp Laurence! :o)

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