Tony avait raison

Quelques jours avant mon 28e anniversaire, j’ai réalisé qu’en allant à San Francisco,  non seulement nous aurions le plaisir de découvrir une ville qui nous était étrangère, mais je profiterais de mes 27 ans trois heures plus longtemps qu’en restant à Montréal.  Non-négligeable.  Mon chum et moi avons pris l’avion, direction Californie.

Merci mon Dieu, j’avais pensé mettre une paire de mollets de spare dans chaque valise.

Sans blague, vivre à San Francisco, c’est gravir le Mont-Royal à chaque coin de rue.  En fait,  je me sentais comme Sisyphe.

« Et je vis Sisyphe qui souffrait de grandes douleurs et poussait un énorme rocher avec ses deux mains. Et il s’efforçait, poussant ce rocher des mains et des pieds jusqu’au sommet d’une montagne. Et quand il était près d’en atteindre le faîte, alors la masse l’entraînait, et l’immense rocher roulait jusqu’au bas. Et il recommençait de nouveau, et la sueur coulait de ses membres, et la poussière s’élevait au-dessus de sa tête.  »

C’est beau. C’est plein de côtes.  Mais c’est beau. Ah, pour être beau, c’est beau.

Nous avons tout de suite aimé notre quartier adoptif, Noe Valley.  Un Greenwich Village version californienne.

On a marché dans le Dolores Mission Park, où les jeunes étaient assis en rond sur le gazon et où, dans une longue côte, un gars en skate et son chien en laisse rétractable ont offert tout un spectacle quand le fidèle compagnon en question s’est enroulé à un arbre dans sa course effrénée, à l’insu de son maître.

Et au Whole Food Market, l’épicerie du coin, le commis nous a appris que « le Fin d’u mund » est une bière très appréciée.

…On a arpenté la longue rue Market, ses coins un peu éteints et ceux plus lumineux, le quartier très particulier de Tenderloin, découvert par hasard, et Fresca, un restaurant péruvien de la 24e rue,  où j’ai mangé un ceviche incroyable.

-C’était mon ceviche.

-Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est à nous.

J’étais occupée à prendre des photos de notre ceviche quand mon chum a dit quelque chose qui m’a laissée perplexe.

-Va falloir ralentir, on a déjà vu le quart de la ville.

-Et alors?  On est ici pour visiter, non?

-Laurence, ça fait trois heures qu’on est arrivés.

À ce rythme-là, Tony Bennett aurait raison: j’allais laisser mon coeur (et une absence de pulsation cardiaque) à San Francisco.

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2 Commentaires

Classé dans Vie de couple

2 réponses à “Tony avait raison

  1. Michel Chartier

    Ce fut un très amusant de vous rencontrer chez Adonis cet après-midi. Je n’en reviens pas des similarités… Bonne St-Jean

  2. Jean-Francois Charette

    Hummmm j’en voudrais encore de ton récit, c’est trop cool de te lire. J’ai tjrs l’impression d’y être ou d’être à côté de toi et de te regarder tripper, les yeux scintillants de bonheur.

    T’es vraiment extraordinaire à lire ma chère Laurence et si un jour tu décides du publier et bien tu seras ma India Desjardins à moi, crois-moi sincère… ;o)

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