À la recherche d’une maquilleuse -ou- Madeleine Arbour pour toujours

Ça fait longtemps que je me cherche une maquilleuse-coiffeuse.

« Tu en connais plein pourtant… »

« Le meuble, pas l’humain. »

J’adore les antiquités. En fait, j’adore les antiquités lorsqu’on les entoure d’objets et de meubles modernes.

J’ai appris hier, en regardant Visite Libre à ARTV, que la première personne à marier des meubles modernes européens au design traditionnel québécois est une femme.  Madeleine Arbour, 88 ans, -on ne lui donnerait pas plus que 70- habite une maison bicentenaire dans laquelle on trouve  -entre autre- une table de cuisine Le Corbusier.

Celle qu’on appelle la grande dame du design intérieur au Québec a débuté sa carrière en conception de costumes et de décors de théâtre.  C’est ce qui l’a amenée à s’intéresser au design intérieur.

Cette signataire du Refus Global  a aussi fait la décoration et l’aménagement des avions  Air Canada, en plus de décorer les aires publiques de la maison du Gouverneur Général du Canada.

« Madame Arbour, vous venez ‘à maison quand vous voulez. »

« Tu t’éloignes de ta recherche de coiffeuse-maquilleuse, là. »

« Une chance que t’es là. »

Je disais donc que j’aimais les antiquités. Sur mon trajet de jogging tout à l’heure, j’ai vu un ancien pupitre d’école en bois, en très bon état.  Tout de suite, j’ai vu le potentiel de ce meuble une fois retapé.

« Dear Genevieve sort de ce corps. »

Il avait assez de tiroirs pour mettre maquillage, fer plat, fer à friser, séchoir… J’étais au anges.  Je l’ai soulevé, espérant pouvoir le porter jusqu’à la maison quand une voix est descendue du ciel.

« Touchez-pas, ma moizelle. »

J’ai levé les yeux.  J’ai compris qu’un couple vivant au dernier étage du multiplex m’observait depuis un bon moment.

« Pourquoi? »

« C’est contaminé. »

« Ben voyons! Comment ça, contaminé? »

« Ils ont sorti tout l’appartement -bain et toilette inclus- aujourd’hui, parce que c’est contaminé. »

« Sortez-moi une bonne explication parce que dans 2 secondes, ni le meuble, ni moi ne serons ici. »

(Coeur sensible, s’abstenir pour la suite.)

« Ça appartenait à un gars qui s’est ouvert les veines dans son bain avant-hier. »

« J’aurais dit « endeuillé » plutôt que « contaminé », mais c’est bien personnel. »

J’ai quand même laissé faire le meuble.  Je suis trop sensible aux énergies pour vivre avec le pupitre de quelqu’un qui avait de la peine.

Mais visiblement, tout le monde n’est pas comme moi.  Quelqu’un avait déjà ramassé le bain en question.

« On s’est éloigné de Madeleine Arbour, là. »

« Je sais. Désolée. »

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1 commentaire

Classé dans Tranche de vie

Une réponse à “À la recherche d’une maquilleuse -ou- Madeleine Arbour pour toujours

  1. Sylvie Bassaraba

    Au sujet de Madeleine Arbour :
    Fin des années 70,début 80,cette belle dame avait une chronique à l’émission de Suzanne Lapointe,le matin à TVA.

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