Le talon imaginaire

Tu devrais avoir un blogue – qu’on m’a déjà dit.  Quand j’ai eu envie d’en écrire un, je pensais que mon premier post serait réfléchi, profond honnête…  Que j’y mettrais l’effort, voyez?

Bon. La prochaine fois, peut-être.

Pour l’instant, laissez-moi juste vous raconter ce qui m’est arrivé aujourd’hui.

En traversant la rue Catcarth direction Place Ville-Marie, je suis devenue, en l’espace de 7 secondes, une automobiliste frustrée – l’automobiliste en moins.  J’ai titubé sur ce que je croyais être d’immenses nids de poules.  J’étais prête à porter plainte à la Mairie.  Mais en analysant le regard des gens autour de moi, (un mélange de sympathie et de « arrange-toi avec tes troubles »),  j’ai vu que le problème n’était pas la chaussée… mais plutôt comment moi, j’étais chaussée.

D’un coup d’œil rapide, mes bottes ne représentaient aucun problème. Malheureusement, le cordonnier n’était pas de cet avis.

Après deux petites semaines de bons et loyaux services, le talon en a eu marre.  Il venait de céder sous la pression.

« Sous la pression? C’est flatteur, ça! Égo? Dis quelque chose! Allô? 1-2-1-2..? Non? »

Puis, le cordonnier m’a tendu ma botte en 2 morceaux en disant qu’il n’y avait rien à y faire.

-Est bonne votre blague.

-C’est pas une blague Ma-moi-zelle.

J’ai toujours eu un sens du timing.   Il était donc 12:30 tapant quand j’ai quitté la cordonnerie et traversé la foire alimentaire de la place Ville-Marie. C’est assez surprenant le décalage que peut créer un talon de 5 pouces sur une jambe… Un mot sur ma performance : BURLESQUE. DÉSOLANT.

« Ça valait deux mots, finalement. »

J’ai donc marché avec mon talon imaginaire jusqu’au magasin qui m’avait rendue si gaie deux semaines auparavant. Marché dans la neige, sur la glace, dans la slotche, dans la pitié.

La gérante du magasin: « Oh my god! Je suis tellement contente de ne pas les avoir achetées! Je les trouvais belles ces bottes-là!… My god, une chance que je les ai pas achetées…! »

« … »

J’ai été remboursée pour les bottes.  Restait plus qu’à m’en choisir une autre paire. J’ai arpenté les rayons en « pied de bas » pendant 20 minutes.  Aucune paire de bottes en stock.  Mais si vous partez dans le sud, je peux vous dire où trouver des gougounnes.

Parce que j’en avais besoin, j’ai finalement choisi une paire de souliers de course.  Croyez-moi, les « runnings », d’un blanc immaculé, étaient sublimes avec ma jupe ¾ en laine et mes collants noirs.

Sublimes je vous dis.

L’humiliation n’avait pas assez duré, fallait maintenant que je rentre chez-moi, arborant un look légendaire : « l’amaracaine-qui-travaille-dans-une-tour-à- bureaux-mais-qui-voyage-à-pied!

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3 Commentaires

Classé dans Tranche de vie

3 réponses à “Le talon imaginaire

  1. Johane Girard

    Allo Laurence,

    Marie nous as mis au courant de l’existence de ton blog,depuis ce temps je vérifie régulièrement si il y a du nouveau.

    Tu es tellement rafraîchissante par tes chroniques….c’est un plaisir de te lire

    Affectueusement Johane et Jean XOXOXOX

  2. Bravo pour ton blogue, on a presque accouché en même temps! C’est tellement le fun, je te mets en lien,

    xxxxx Lili, merci pour les voeux, pis ben non, moi viellir…?? En fait, tellement contente!

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